Journal des lectures : Un début dans la vie (Balzac)

Ca faisait quelques temps que je lui sentais du potentiel, à ce roman. J’y connaissais les jeux de mots / proverbes détournés de Mistigris ;

sa réputation l’avait précédé sur ma lecture.

Plus on est debout, plus on crie

ou

On est jamais trahi que par les chiens.

ou

qui veut noyer son chien l’accuse de la nage!

ou

Les bons comtes font les bons tamis

ou

— Enfin un de ces gaillards qui n’attachent pas leurs chiens avec des Cent-Suisses… dit Mistigris.

et le moins fins d’entre tous

Les voyages déforment la jeunesse

Pour ceux que j’ai compris et identifiés

(parce qu’il y en a plein qui me sont restés hermétiques)

Un début dans la vie : une histoire en train (en coucou plutôt), une histoire sur la route, entre Paris et Presles. Une histoire où chacun se donne un rôle

Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes, réunies par le hasard dans une voiture, ne se mettent pas immédiatement en rapport ; et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu’après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi bien par un examen mutuel, que par la prise de possession de la place où l’on se trouve ; les âmes ont tout autant besoin que le corps de se rasseoir. Quand chacun croit avoir pénétré l’âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s’engage avec d’autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d’embellir le voyage et d’en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises. Chez les autres nations, les mœurs sont bien différentes. Les Anglais mettent leur orgueil à ne pas desserrer les dents, l’Allemand est triste en voiture, et les Italiens sont trop prudents pour causer ; les Espagnols n’ont plus guère de diligences, et les Russes n’ont point de routes. On ne s’amuse donc que dans les lourdes voitures de France, dans ce pays si babillard, si indiscret, où tout le monde est empressé de rire et de montrer son esprit, où la raillerie anime tout, depuis les misères des basses classes jusqu’aux graves intérêts des gros bourgeois. La Police y bride d’ailleurs peu la langue, et la Tribune y a mis la discussion à la mode. Quand un jeune homme de vingt-deux ans, comme celui qui se cachait sous le nom de Georges, a de l’esprit, il est excessivement porté, surtout dans la situation présente, à en abuser. D’abord, Georges eut bientôt décrété qu’il était l’être supérieur de cette réunion. Il vit un manufacturier de second ordre dans le comte qu’il prit pour un coutelier, un gringalet dans le garçon minable accompagné de Mistigris, un petit niais dans Oscar, et dans le gros fermier une excellente nature à mystifier. Après avoir pris ainsi ses mesures, il résolut de s’amuser aux dépens de ses compagnons de voyage.

Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes, réunies par le hasard dans une voiture, peuvent se donner un rôle. & lâcher quelques indiscrétions sur Un, puisqu’il n’y a (presque) aucune chance que ledit Un soit présent, d’autant plus qu’il s’agit d’un haut placé.

Tous les Français sont égaux dans le coucou, a dit le petit-fils de Georges. Ainsi continuez, agréable vieillard ?… blaguez-nous. Cela se fait dans les meilleures sociétés ; et, vous savez le proverbe : Il faut ourler avec les loups.

Un voyage au petit cours, dans ce qui est aujourd’hui la banlieue parisienne,

Petit cours, sauf pour la mère de l’imbécile Oscar et ses bêtises de jeunesse

Un voyage de sept lieues se dessinait, sans doute comme un voyage de long cours, à l’imagination de cette pauvre mère qui, dans sa vie élégante, avait rarement passé les Barrières […]

Ah ! quand on veut se faire mousser !

On finit résumé par Mistigris

— Le petit a voulu rire comme nous, et il a blagué, dit le cruel Mistigris, maintenant le voilà comme un âne en plaine.

.

1.

Texte plutôt drôle et léger, où je pioche la sentence

Dieu garde les femmes des beaux hommes qui donnent des espérances !

(je suis assez d’accord, moi qui me suis toujours fait coiffer sur le poteau des beaux)

et la réflexion financière :

— Ah ! les impôts sont lourds. On leur prend tout, mais on leur laisse le reste. Frappé des avantages de ce système, le pacha d’Égypte était en train d’organiser son administration sur ce pied-là, quand je l’ai quitté. ─ Mais comment… dit le père Léger qui ne comprenait plus rien.

Une allitération en –coque aussi

Mais il était jaloux, non pas comme un tigre, car on dit des tigres qu’ils sont jaloux comme un Dalmate, et mon homme était pire qu’un Dalmate, il valait trois Dalmates et demi. C’était un Uscoque, un tricoque, un archicoque dans une bicoque.

(vers 2)

En voiture (à cheval ou à vapeur) on traverse le paysage, forcément, alors il en est question du paysage, parce que tout de même, 2 peintres dans le véhicule, ça regarde dehors et ça en devise du paysage.

.

2.

Ça le définit, le paysage & ses représentants, avec ambition,

— Vous y êtes, reprit le peintre. Moi, j’allais là pour observer le pays, car j’adore le paysage. Voilà vingt fois que j’ai le désir de faire du paysage, que personne, selon moi, ne comprend, excepté Mistigris qui recommencera quelque jour Hobbéma, Ruysdaël, Claude Lorrain, Poussin et autres.

— Mais, s’écria le comte, qu’il n’en recommence qu’un de ceux-là, ce sera bien assez.

ça y entre (antithèse), dans le paysage

Il faisait si beau, que pour ne pas donner de soupçons, je vais flâner dans le paysage, après notre raccommodement, bien entendu.

.

…par exemples de cette lecture.

 

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