Pièces / Pezzi (11)

12597_595738543786568_597503092_nLà, le grand Là, Là majeur. Ce Là qui les travaille depuis le début, depuis le grand escalier, celui droit, d’escalier. « Les appartements de monsieur Balzac sont à l’étage ? » demande la bourgeoise  qui pense tout en grand ? « La chambre de Balzac, c’est par où ? » demandent les gens moins bourgeois. Les appartements sont en réalité une petite chambre où un instant après y être entré ils font silence. Leur regard saute du bureau au fauteuil, du fauteuil au lit, du lit au bureau ; « il s’est assis là Balzac ! » « C’est là qu’il a dormi ! Ils n’étaient pas grands à l’époque ! ». Et personne ne pense à la commode moulurée aux poignées dorées oxydées à la cire pimpante sur laquelle ils s’appuient fatigués de leur visite qui se finit ; pas plus que le lit et le fauteuil, plus que le bureau : peut-être qu’elle y était aussi, cette commode, dans cette chambre à l’époque de Balzac.

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Pièces / Pezzi (10)

Ils sont toujours contents de voir pour de vrai la tête de l’écrivain; Pas tellement beau qu’il est, pour ça non, ils sont d’accord. Ils comparent, leurs têtes rotant vers la droite, avec le tableau qu’ils viennent de découvrir – un tableau de commande où Balzac est plus beau qu’en vrai, bien sûrement – ; puis leurs têtes font le chemin inverse, gardant le visage peint en mémoire, rotant à gauche, cette fois-ci, pour revenir au daguerréotype. « Ah ça non, il n’était pas beau, vraiment pas beau ».

Pièces / Pezzi (9)

Escaliervis« Oulala ! » est l’exclamation des personnes âgées. « Tenez-vous à la rampe » est le conseil des parents aux enfants les plus jeunes. « Faites attention aux marches, elles sont irrégulières et datent du XVè siècle » est la recommandation du guide à son groupe. Les plus nostalgiques de Balzac se disent et s’émeuvent que le gros écrivain ait foulé ces marches, qu’il ait contribué à les user, qu’il ait – peut-être, pourquoi pas, tout est imaginable – laissé tomber une goutte de café ici ou là dans l’empressement de la descente ; une goutte de café qui aurait été encadrée et que le guide aurait pu montrer : « Ici la goutte de café qu’il … »

(L’escalier en vis)

Pièces / Pezzi (8)

IMG340Ils hésitent un peu, effrayés par la sombritude de la petite pièce, sûrement. Puis ils se lancent – la lumière s’allume automatiquement grâce au détecteur de mouvements, la pièce se dévoile -, se tassent s’ils sont nombreux et rapidement très rapidement ils sont happés par les placards & manuscrits exposés ; placards & manuscrits propices aux « Ahhh !!! », aux « Ohhh !!! », aux « eh béhhh !!! » et au running « dommage qu’il n’avait pas word à l’époque ! ». Rassasiés d’explications et de tohu-bohu de lignes et de renvois ils poursuivent leur visite avec la pièce suivante, ces feuilles typographiées & encrées & corrigées à la plume, bien ancrées, sûrement, dans leur mémoire.

(Le cabinet des manuscrits)

Pièces / Pezzi (7)

Ils sont campés devant la fenêtre, les yeux portant au loin, regards posés sur un point ou parcourant le paysage. Pour peu qu’il fasse beau, une fin d’après-midi de début d’automne, le paysage se dore au soleil, semblable paresseux. Ils sont campés, toujours, mais leurs regards se baissent vers le plan posé sur le coffre, plan de la vallée, plan du paysage qu’ils scrutaient l’instant d’avant. Alors leurs yeux vont de l’un à l’autre, du plan au paysage, pour comparer, identifier là un château & là un autre. Ce paysage, pensent-ils, n’a pas dû tellement changer depuis l’époque de Balzac.

(Salle Béatrix)

Pièces / Pezzi (6)

La chose, quand on présente des livres ouverts dans les vitrines, c’est que certains veulent les lire, les dits livres présentés. L’inconvénient, quand les vitrines sont trop propres, c’est que certains ne les voient pas, les dites vitrines : alors ils se penchent, se penchent trop pour déchiffrer un extrait de l’Avant propos à la Comédie humaine : alors ‘BLANG !!!’ suivit d’une main qui masse le crâne endolori du visiteur absorbé par Balzac.

(Salle Louis Lambert)

Pièces / Pezzi (5)

IMG_364Dans la grande pièce, poutres apparentes & tomettes ; dans cette grande pièce ‘La Salle du Lys’ (non mademoiselle, pas Ulysse le 31, mais Le Lys dans la vallée, comme le roman) ils se tournent vers les portraits des parents d’Honoré ; son père sur la droite, sa mère sur la gauche ; « son père vient du sud … » – « Ah ils se ressemblent, avec son fils » – « … Sa mère de la bourgeoisie parisienne » – « Elle était jolie ! ».

(Salle du Lys, Portraits des parents d’Honoré de Balzac)