Journal des lectures : Illusions perdues (H. de Balzac)

Illusions perdues. Un des monuments de Balzac. Certains voient dans le triptyque Vautrin (Le Père Goriot, Illusions perdues et Splendeurs et misères des courtisanes) la colonne vertébrale de La Comédie humaine.

Monument, donc

pavé aussi

évoquant le monde de la presse et de l’édition, et ce qui tourne autour, l’imprimerie, la fabrication du papier…

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Journal des lectures : Béatrix (H. de Balzac)

Béatrix, la belle surprise !
Quand obligé de le lire pour l’expo Balzac-Sand.

A dire vrai, surtout les 2 premières parties
La troisième, publiée quelques années plus tard,
se déroule surtout à Paris, m’a moins intéressé
(Paris fait-elle le poids face à Guérande ?
Balzac semble penser le contraire)

L’ambiance feutrée des châteaux des confins bretons.
Ce personnage de femme écrivain.
Les descriptions des paysages proches de mer.

Ce roman naît grâce à George Sand. On y reconnaît certaines personnes.

C’est à propos de Listz [sic] et de Mme d’Agoult qu’elle m’a donné le sujet des Galériens ou des Amours forcés que je vais faire, car, dans sa position, elle ne le peut pas, gardez bien ce secret-là (lettre à Mme Hanska, 2 mars 1838)

Il y a ceux qui ne sont pas tellement tellement contents (d’Agoult, Balzac est obligé de mentir en disant que non, en rien, mais alors en rien elle n’a pu être à l’origine de Béatrix), et il y a George Sand, que cela ne semble pas déranger (elle y a le beau rôle) ? même si on ne l’aime pas tellement chez les du Guénic.

— […] Cette femme impie, mademoiselle des Touches, est venue gâter bien des choses ! On a fini par avoir de ses nouvelles.
— Hé ! bien ? dit la mère.
— Oh ! une gaupe, une gourgandine, s’écria le curé, une femme de mœurs équivoques, occupée de théâtre, hantant les comédiens et les comédiennes, mangeant sa fortune avec des folliculaires, des peintres, des musiciens, la société du diable, enfin ! Elle prend, pour écrire ses livres, un faux nom sous lequel elle est, dit-on, plus connue que sous celui de Félicité des Touches. Une vraie baladine qui, depuis sa première communion, n’est entrée dans une église que pour y voir des statues ou des tableaux. Elle a dépensé sa fortune à décorer les Touches de la plus inconvenante façon, pour en faire un paradis de Mahomet où les houris ne sont pas femmes. Il s’y boit pendant son séjour plus de vins fins que dans tout Guérande durant une année. Les demoiselles Bougniol ont logé l’année dernière des hommes à barbe de bouc, soupçonnés d’être des Bleus, qui venaient chez elle et qui chantaient des chansons impies à faire rougir et pleurer ces vertueuses filles. Voilà la femme qu’adore en ce moment monsieur le chevalier. Elle voudrait avoir ce soir un de ces infâmes livres où les athées d’aujourd’hui se moquent de tout, le chevalier viendrait seller son cheval lui-même et partirait au grand galop le lui chercher à Nantes. Je ne sais si Calyste en ferait autant pour l’Eglise. Enfin elle n’est pas royaliste. Il faudrait aller faire le coup de fusil pour la bonne cause, si mademoiselle des Touches ou le sieur Camille Maupin, tel est son nom, je me le rappelle maintenant, voulait garder Calyste près de lui, le chevalier laisserait aller son vieux père tout seul.
— Non, dit la baronne.
— Je ne voudrais pas le mettre à l’épreuve, vous pourriez trop en souffrir, répondit le curé. Tout Guérande est cen dessus dessous de la passion du chevalier pour cet être amphibie qui n’est ni homme ni femme, qui fume comme un housard, écrit comme un journaliste, et dans ce moment loge chez elle le plus vénéneux de tous les écrivains, selon le directeur de la poste, ce juste-milieu qui lit les journaux. Il en est question à Nantes. Ce matin, ce cousin des Kergarouët qui voudrait faire épouser à Charlotte un homme de soixante mille livres de rentes, est venu voir mademoiselle de Pen-Hoël et lui a tourné l’esprit avec des narrés sur mademoiselle des Touches qui ont duré sept heures. Voici dix heures quart moins qui sonnent au clocher, et Calyste ne rentre pas, il est aux Touches, peut-être n’en reviendra-t-il qu’au matin.

Femme libre, et comme la liberté effraie, cette femme effraie

Il devient maintenant nécessaire d’expliquer les rumeurs qui planaient sur le personnage que Calyste allait voir. […]
De même que Clara Gazul est le pseudonyme femelle d’un homme d’esprit, George Sand le pseudonyme masculin d’une femme de génie, Camille Maupin fut le masque sous lequel se cacha pendant long-temps une charmante fille, très-bien née, une Bretonne, nommée Félicité des Touches, la femme qui causait de si vives inquiétudes à la baronne du Guénic et au bon curé de Guérande. Cette famille n’a rien de commun avec les des Touches de Touraine, auxquels appartient l’ambassadeur du Régent, encore plus fameux aujourd’hui par son nom littéraire que par ses talents diplomatiques. Camille Maupin, l’une des quelques femmes célèbres du dix-neuvième siècle, passa long-temps pour un auteur réel à cause de la virilité de son début. Tout le monde connaît aujourd’hui les deux volumes de pièces non susceptibles de représentation, écrites à la manière de Shakspeare ou de Lopez de Véga publiées en 1822, et qui firent une sorte de révolution littéraire quand la grande question des romantiques et des classiques palpitait dans les journaux, dans les cercles, à l’Académie. Depuis, Camille Maupin a donné plusieurs pièces de théâtre et un roman qui n’ont point démenti le succès obtenu par sa première publication, maintenant un peu trop oubliée. Expliquer par quel enchaînement de circonstances s’est accomplie l’incarnation masculine d’une jeune fille, comment Félicité des Touches s’est faite homme et auteur ; pourquoi, plus heureuse que madame de Staël, elle est restée libre et se trouve ainsi plus excusable de sa célébrité, ne sera-ce pas satisfaire beaucoup de curiosités et justifier l’une de ces monstruosités qui s’élèvent dans l’humanité comme des monuments, et dont la gloire est favorisée par la rareté ? car, en vingt siècles, à peine compte-t-on vingt grandes femmes. Aussi, quoiqu’elle ne soit ici qu’un personnage secondaire, comme elle eut une grande influence sur Calyste et qu’elle joue un rôle dans l’histoire littéraire de notre époque, personne ne regrettera de s’être arrêté devant cette figure un peu plus de temps que ne le veut la poétique moderne.

Toujours Sand, Balzac se permet une sorte de mise en abîme : cette Félicité des Touches / Camille Maupin (qui doit donc beaucoup à Sand,

elle va jusqu’à fumer le Narghilé, aussi

Calyste lui disposa dans cette direction un grand fauteuil gothique et ouvrit la croisée à vitraux. Camille Maupin, qui partageait le goût oriental de l’illustre écrivain de son sexe, alla prendre un magnifique narghilé persan que lui avait donné un ambassadeur ; elle chargea la cheminée de patchouli, nettoya le bochettino, parfuma le tuyau de plume qu’elle y adaptait, et dont elle ne se servait jamais qu’une fois, mit le feu aux feuilles jaunes, plaça le vase à long col émaillé bleu et or de ce bel instrument de plaisir à quelques pas d’elle, et sonna pour demander du thé.

sauf qu’elle termine au convent et qu’à l’inverse, Sand y a débuté) conseille les livres de Sand au jeune Calyste (dont elle est éprise mais lui est épris de Béatrix, la voilà l’intrigue).

Vous emploierez ce temps à lire et moi à fumer ; vous vous ennuierez bien de ne pas la voir, mais je vous trouverai des livres attachants. Vous n’avez rien lu de George Sand, j’enverrai cette nuit un de mes gens acheter ses œuvres à Nantes et celles de quelques autres auteurs que vous ne connaissez pas.

Il y a une autre petite mise en abîme, lorsque Conti (qu’est un peu d’après Liszt) est comparé entre autres à Liszt (justement) pour lequel Balzac avait une admiration certaine

Conti a beaucoup d’esprit, il a du talent comme compositeur, quoiqu’il ne puisse jamais arriver au premier rang. Sans Meyerbeer et Rossini, peut-être eût-il passé pour un homme de génie. Il a sur eux un avantage, il est en musique vocale ce qu’est Paganini sur le violon, Liszt sur le piano, Taglioni dans la danse, et ce qu’était enfin le fameux Garat, qu’il rappelle à ceux qui l’ont entendu. Ce n’est pas une voix, mon ami, c’est une âme. Quand ce chant répond à certaines idées, à des dispositions difficiles à peindre et dans lesquelles se trouve parfois une femme, elle est perdue en entendant Gennaro. La marquise conçut pour lui la plus folle passion et me l’enleva. Le trait est excessivement provincial mais de bonne guerre.

Enchevêtrement de réalité et de fictions.

Et la géographie !

Bien sûr !

La voilà !

Sur le thème de l’opposition Paris province.

J’étais aussi loin de mon siècle que Guérande est loin de Paris.

Même pas civilisés, les ploucs, de Guérande, et à peine plus ceux de Nantes

A Nantes on était sous une latitude un peu plus civilisée qu’à Guérande : on y admirait Camille, elle était là comme la muse de la Bretagne et l’honneur du pays ; elle y excitait autant de curiosité que de jalousie. L’absolution donnée à Paris par le grand monde, par la mode, était consacrée par la grande fortune de mademoiselle des Touches, et peut-être par ses anciens succès à Nantes qui se flattait d’avoir été le berceau de Camille Maupin.

Balzac, souvent sujet au parisianisme, dans Le Lys aussi, et ailleurs encore, mais il reconnaît que les provinciaux savent aussi se frotter à l’en caustique.

– Nous n’avons pas de belles robes garnies de dentelles, nous n’agitons pas nos manches comme ça, nous ne nous posons pas ainsi, nous ne savons pas regarder de côté, tourner la tête, dit Charlotte en imitant et chargeant les airs, la pose et les regards de la marquise. Nous n’avons pas une voix qui part de la tête, ni cette petite toux intéressante, heu ! heu ! qui semble être le soupir d’une ombre ; nous avons le malheur d’avoir une santé robuste et d’aimer nos amis sans coquetterie ; quand nous les regardons nous n’avons pas l’air de les piquer d’un dard ou de les examiner par un coup d’œil hypocrite. Nous ne savons pas pencher la tête en saule pleureur et paraître aimables en la relevant ainsi !
Mademoiselle de Pen-Hoël ne put s’empêcher de rire en voyant les gestes de sa nièce ; mais ni le chevalier ni le baron ne comprirent cette satire de la province contre Paris.

Géographie toujours.

Sur le thème des paysages, avec emboîtement d’échelles. Balzac part de haut, il aime le panorama, puis il zoome, jusque dans le détail de l’écusson des du Guénic.

La France, et la Bretagne particulièrement, possède encore aujourd’hui quelques villes complètement en dehors du mouvement social qui donne au dix-neuvième siècle sa physionomie. […]
Une des villes où se retrouve le plus correctement la physionomie des siècles féodaux est Guérande. […]
La position géographique explique ce phénomène. Cette jolie cité commande des marais salants dont le sel se nomme, dans toute la Bretagne, sel de Guérande […]. Elle ne se relie à la France moderne que par deux chemins, celui qui mène à Savenay, l’arrondissement dont elle dépend, et qui passe à Saint-Nazaire ; celui qui mène à Vannes et qui la rattache au Morbihan. Le chemin de l’arrondissement établit la communication par terre, et Saint-Nazaire, la communication maritime avec Nantes. Le chemin par terre n’est fréquenté que par l’administration. La voie la plus rapide, la plus usitée est celle de Saint-Nazaire. […] Jetée au bout du continent, Guérande ne mène donc à rien, et personne ne vient à elle. […] Si vous arrivez à Guérande par le Croisic, après avoir traversé le paysage des marais salants, vous éprouverez une vive émotion à la vue de cette immense fortification encore toute neuve. […] La ville produit sur l’âme l’effet que produit un calmant sur le corps, elle est silencieuse autant que Venise. […]
Auprès de l’église de Guérande se voit une maison qui est dans la ville ce que la ville est dans le pays, une image exacte du passé, le symbole d’une grande chose détruite, une poésie. Cette maison appartient à la plus noble famille du pays, aux du Guaisnic, […].
Au bout d’une ruelle silencieuse, humide et sombre, formée par les murailles à pignon des maisons voisines, se voit le cintre d’une porte bâtarde assez large et assez haute pour le passage d’un cavalier, circonstance qui déjà vous annonce qu’au temps où cette construction fut terminée les voitures n’existaient pas. Ce cintre, supporté par deux jambages, est tout en granit. La porte, en chêne fendillé comme l’écorce des arbres qui fournirent le bois, est pleine de clous énormes, lesquels dessinent des figures géométriques. Le cintre est creux. Il offre l’écusson des du Guaisnic aussi net, aussi propre que si le sculpteur venait de l’achever.

Ce qui donne une drôle de conclusion par Giono :

Balzac commence par te décrire la France. Dans la France il te décrit une province, dans une province il te décrit une vallée, dans la vallée il te décrit le château, dans le château il te décrit un escalier ; l’escalier arrive à un palier, sur le palier il y a des portes; il te décrit les portes, et puis après il te décrit une chambre, et on rentre dans la chambre et le roman est fini. C’est généralement à ce moment-là que le roman de Stendhal commence. (J. Giono, Le Balzac de Giono, L’année Balzacienne 2011)

Journal des lectures : La Physiologie du mariage (Balzac)

Celui-là, je ne peux pas dire que je l’ai lu in-extenso

Ni aucun autre de Balzac

Ni aucun autre d’aucun autre

Auteur

(on / du moins je / saute toujours quelques lignes lors d’une lecture).

mais je l’ai bien parcouru. L’un des rares textes de Balzac intégrés à la Comédie humaine qui ne soit pas à proprement parler une histoire -> ce sont des méditations, on peut donc picorer & papillonner (métaphore littéraro-zoologique ou l’inverse).

J’y picore les aphorismes, faciles à repérer par leur mise en page plus aérée et par le fait qu’ils sont annoncés comme tels :

APHORISMES

I.

Une femme honnête est essentiellement mariée.

II.

Une femme honnête a moins de quarante ans.

III.

Une femme mariée dont les faveurs sont payables n’est pas une femme honnête.

IV.

Une femme mariée qui a une voiture à elle est une femme honnête.

V.

Une femme qui fait la cuisine dans son ménage n’est pas une femme honnête.

VI.

Quand un homme a gagné vingt mille livres de rente, sa femme est une femme honnête, quel que soit le genre de commerce auquel il a dû sa fortune.

IX

Une femme logée au troisième étage (les rues de Rivoli et Castiglione exceptées) n’est pas une femme honnête.

XIII.

La femme d’un artiste est toujours une femme honnête.

——————————–

En appliquant ces principes, un homme du département de l’Ardèche peut résoudre toutes les difficultés qui se présenteront dans cette matière.

Ce qui est bien avec cette physiologie, c’est qu’elle fait toujours son effet en visite : par exemple on demande à une femme blonde de lire l’extrait suivant

En précisant à la 12aine de visiteurs présents que cela n’en sera que plus drôle

C’est surtout au lit que les vapeurs jouent leur rôle. Là, quand une femme n’a pas la migraine, elle a ses vapeurs ; quand elle n’a ni vapeurs ni migraine, elle est sous la protection de la ceinture de Vénus, qui, vous le savez, est un mythe.

Parmi les femmes qui vous livrent la bataille des vapeurs, il en existe quelques-unes plus blondes, plus délicates, plus sensibles que les autres, qui ont le don des larmes. Elles savent admirablement pleurer. Elles pleurent quand elles veulent, comme elles veulent, et autant qu’elles veulent. Elles organisent un système offensif qui consiste dans une résignation sublime, et remportent des victoires d’autant plus éclatantes qu’elles restent en bonne santé.

Bon, Balzac aide bien, le texte se suffit à lui même pour que ces dames fassent des « ha » des « ho » (cf Mylène Farmer) sans que l’on soit obligé de faire un effet d’annonce comme précédemment. Fut un temps où nous présentions en vitrine cet extrait :

Jusqu’à l’âge de trente ans, le visage d’une femme est un livre écrit en langue étrangère, et que l’on peut encore traduire, malgré les difficultés de tous les gunaïsmes de l’idiome ; mais, passé quarante ans, une femme devient un grimoire indéchiffrable, et si quelqu’un peut deviner une vieille femme, c’est une autre vieille femme.

En espérant que personne ne demande la définition de gunaïsme, parce que c’est à moitié un vieillologisme et parce que je n’arrive pas à retenir une définition simple.

Donc,

Certes,

C’est un peu misogyne / osé / trash /

CATECHISME CONJUGAL.

XXVII.

Le mariage est une science.

XXVIII.

Un homme ne peut pas se marier sans avoir étudié l’anatomie et disséqué une femme au moins.

XXXI.

En amour, toute âme mise à part, la femme est comme une lyre qui ne livre ses secrets qu’à celui qui en sait bien jouer.

XLIV.

Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, l’irriter, le satisfaire, c’est un poème tout entier.

XLIX.

Il est plus facile d’être amant que mari, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.

LI.

L’homme qui entre dans le cabinet de toilette de sa femme est philosophe ou un imbécile.

LIII.

La femme mariée est un esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône.

Mais aussi parfois poétique / souvent drôle /

et pas toujours faux

(hé je déconne, les chiennes de garde, rengainez les colts,

je retire les mots précédents).

Ce texte, Balzac l’écrit au tout début de sa carrière, il est encore grandement peu connu ;

ce texte, d’ailleurs, contribue à le faire connaître par le scandale qu’il provoque

(on est là entre Les Chouans et La Peau de chagrin) ;

mais Balzac annonce que ce n’est pas pour les femmes, ce livre, et que de toutes façons il n’y connaît rien aux femmes, il est trop jeune ; à peine Mme de Berny et une ou 2 autres ne font pas assez pour généraliser l’étude.

La femme qui, sur le titre de ce livre, serait tentée de l’ouvrir, peut s’en dispenser, elle l’a déjà lu sans le savoir. Un homme, quelque malicieux qu’il puisse être, ne dira jamais des femmes autant de bien ni autant de mal qu’elles en pensent elles-mêmes. Si, malgré cet avis, une femme persistait à lire l’ouvrage, la délicatesse devra lui imposer la loi de ne pas médire de l’auteur, du moment où, se privant des approbations qui flattent le plus les artistes, il a en quelque sorte gravé sur le frontispice de son livre la prudente inscription mise sur la porte de quelques établissements : Les dames n’entrent pas ici.

Donc : acte, mesdames.

Journal des lectures : L’Interdiction (Balzac)

Par hasard, comme on ne sais pas quoi lire dans le fauteuil de surveillance, on attrape le tome 10 de la collec’ donnée, on tente La Confidence des Ruggieri, mais le commentateur commentant que ce n’est pas terrible, les Ruggieri, on passe au suivant, et le suivant c’est L’Interdiction.

De suite dans le vif (du sujet), on y retrouve Rastignac et Bianchon, qui font ce qui est peut-être leur première réapparition (à vérifier) après Le Père Goriot publié l’année précédente (1835, ladite année précédente). Ils causent sur un boulevard ou autre lieu du genre.

Rastignac annonce lui même la couleur de son ambition

J’ai marié mes sœurs, voilà le plus clair de ce que j’ai gagné depuis que nous nous sommes vus, et j’aime mieux les avoir établies que de posséder cent mille écus de rente. Maintenant que veux-tu que je devienne ? J’ai de l’ambition. Où peut me mener madame de Nucingen ? Encore un an, je serai chiffré, casé, comme l’est un homme marié. J’ai tous les désagréments du mariage et ceux du célibat sans avoir les avantages ni de l’un ni de l’autre, situation fausse, à laquelle arrivent tous ceux qui restent trop long-temps attachés à une même jupe. – Eh ! crois-tu donc trouver ici la pie au nid ? dit Bianchon. Ta marquise, mon cher, ne me revient pas du tout.

Fini la belle Delphine de N., et en attendant Augusta (de N. aussi, fille de la précédente, et future épouse de Rastignac) notre Dandy cherche ailleurs : pourquoi pas la d’Espard ?

– Veux-tu savoir ce que je pense, Eugène ? Si tu quittes madame de Nucingen pour cette marquise, tu changeras ton cheval borgne contre un aveugle.

Le prévient Bianchon

– Mon cher, quand tu auras intérêt à connaître l’âge d’une femme, regarde ses tempes et le bout de son nez.
Quoi que fassent les femmes avec leurs cosmétiques, elles ne peuvent rien sur ces incorruptibles témoins de leurs agitations. Là chacune de leurs années a laissé ses stigmates. Quand les tempes d’une femme sont attendries, rayées, fanées d’une certaine façon ; quand au bout de son nez il se trouve de ces petits points qui ressemblent aux imperceptibles parcelles noires que font pleuvoir à Londres les cheminées où l’on brûle du charbon de terre, votre serviteur ! la femme a passé trente ans. Elle sera belle, elle sera spirituelle, elle sera aimante, elle sera tout ce que tu voudras ; mais elle aura passé trente ans, mais elle arrive à sa maturité. Je ne blâme pas ceux qui s’attachent à ces sortes de femmes ; seulement, un homme aussi distingué que tu l’es ne doit pas prendre une reinette de février pour une petite pomme d’api qui sourit sur sa branche et demande un coup de dent. L’amour ne va jamais consulter les registres de l’Etat Civil ; personne n’aime une femme parce qu’elle a tel ou tel âge, parce qu’elle est belle ou laide, bête ou spirituelle : on aime parce qu’on aime.

Mais Rastignac pas faux-cul

Ambitieux par essence

– Eh ! bien, moi, je l’aime par bien d’autres raisons. Elle est marquise d’Espard, elle est née Blamont-Chauvry, elle est à la mode, elle a de l’âme, elle a un pied aussi joli que celui de la duchesse de Berri, elle a peut-être cent mille livres de rente, et je l’épouserai peut-être un jour ! enfin elle payera mes dettes.

Alors Balzac et Bianchon lui font la morale

L’amour ne va jamais consulter les registres de l’Etat Civil ; personne n’aime une femme parce qu’elle a tel ou tel âge, parce qu’elle est belle ou laide, bête ou spirituelle : on aime parce qu’on aime.

Après l’entrée en matière, le travers : les descriptions et considérations. Balzac les annonce sans vergogne, et l’on sait (du moins Je) que l’on va / je vais sauter quelques paragraphes. Lecture en diagonale, à la Napoléon paraît-il (comment Napoléon aurait-il lu les romans du sieur Balzac ?)

Pour expliquer l’obscure destinée d’un des hommes supérieurs de l’ordre judiciaire, il est nécessaire d’entrer ici dans quelques considérations qui serviront à dévoiler sa vie, son caractère, et qui montreront d’ailleurs quelques-uns des rouages de cette grande machine nommée la Justice.

Bigre d’historien des mœurs !

Laissons les descriptions de mœurs pour celle d’un paysage urbain, voilà la tartine sur la rue Fouarre

La rue du Fouarre, mot qui signifiait autrefois rue de la Paille, fut au treizième siècle la plus illustre rue de Paris. Là furent les écoles de l’Université, quand la voix d’Abeilard et celle de Gerson retentissaient dans le monde savant. Elle est aujourd’hui l’une des plus sales rues du douzième Arrondissement, le plus pauvre quartier de Paris, celui dans lequel les deux tiers de la population manquent de bois en hiver, celui qui jette le plus de marmots au tour des Enfants-Trouvés, le plus de malades à l’Hôtel-Dieu, le plus de mendiants dans les rues, qui envoie le plus de chiffonniers au coin des bornes, le plus de vieillards souffrants le long des murs où rayonne le soleil, le plus d’ouvriers sans travail sur les places, le plus de prévenus à la Police correctionnelle. Au milieu de cette rue toujours humide dont le ruisseau roule vers la Seine les eaux noires de quelques teintureries, est une vieille maison, sans doute restaurée sous François Ier, et construite en briques maintenues par des chaînes en pierre de taille. Sa solidité semble attestée par une configuration extérieure qu’il n’est pas rare de voir à quelques maisons de Paris. S’il est permis de hasarder ce mot, elle a comme un ventre produit par le renflement que décrit son premier étage affaissé sous le poids du second et du troisième, mais que soutient la forte muraille du rez-de-chaussée.
Au premier coup d’oeil, il semble que les entre-deux des croisées, quoique renforcés par leurs bordures en pierre de taille, vont éclater ; mais l’observateur ne tarde pas à s’apercevoir qu’il en est de cette maison comme de la tour de Bologne : les vieilles briques et les vieilles pierres rongées conservent invinciblement leur centre de gravité. Par toutes les saisons, les solides assises du rez-de-chaussée offrent la teinte jaunâtre et l’imperceptible suintement que l’humidité donne à la pierre. Le passant a froid en longeant ce mur où des bornes échancrées le protègent mal contre la roue des cabriolets. Comme dans toutes les maisons bâties avant l’invention des voitures, la baie de la porte forme une arcade extrêmement basse, assez semblable au porche d’une prison. A droite de cette porte, sont trois croisées revêtues extérieurement de grilles en fer à mail- les si serrées qu’il est impossible aux curieux de voir la destination intérieure des pièces humides et sombres, tant d’ailleurs les vitres sont sales et poudreuses ; à gauche, sont deux autres croisées semblables dont une parfois ouverte permet d’apercevoir le portier, sa femme et ses enfants grouillant, travaillant, cuisinant, mangeant et criant au milieu d’une salle planchéiée, boisée où tout tombe en lambeaux et où l’on descend par deux marches, profondeur qui semble indiquer le progressif exhaussement du pavé parisien. Si, par un jour de pluie, quelque passant s’abrite sous la longue voûte à solives saillantes et blanchies à la chaux qui mène de la porte à l’escalier, il lui est difficile de ne pas contempler le tableau que présente l’intérieur de cette maison. A gauche, se trouve un jardinet carré qui ne permet pas de faire plus de quatre enjambées en tout sens, jardin à terre noire où il existe des treillages sans pampres, où, à défaut de végétation, il vient à l’ombre de deux arbres, des papiers, de vieux linges, des tessons, des gravats tombés du toit ; terre infertile où le temps a jeté sur les murs, sur le tronc des arbres et sur leurs branches une poudreuse empreinte semblable à de la suie froide.
Les deux corps de logis en équerre dont se compose la maison, tirent leur jour de ce jardinet entouré par deux maisons voisines bâties en colombage, décrépites, menaçant ruine, où se voit à chaque étage quelque grotesque attestation de l’état exercé par le locataire. Ici de longs bâtons supportent d’immenses écheveaux de laine teinte qui sèchent ; là sur des cordes se balancent des chemises blanchies ; plus haut des volumes endossés montrent sur un ais leurs tranches fraîchement marbrées ; les femmes chantent, les maris sifflent, les enfants crient ; le menuisier scie ses planches, un tourneur en cuivre fait grincer son métal ; toutes les industries s’accordent pour produire un bruit que le nombre des instruments rend furibond. Le système général de la décoration intérieure de ce passage, qui n’est ni une cour, ni un jardin, ni une voûte, et qui tient de toutes ces choses, consiste en piliers de bois posés sur des dés en pierre, et qui figurent des ogives. Deux arcades donnent sur le jardinet ; deux autres qui font face à la porte cochère, laissent voir un escalier de bois dont la rampe fut jadis une merveille de serrurerie tant le fer y affecte des formes bizarres, et dont les marches usées tremblent sous le pied. Les portes de chaque appartement ont des chambranles bruns de crasse, de graisse, de poussière, et sont garnies de doubles portes revêtues de velours d’Utrecht semé [Coquille du Furne : semées.] de clous dédo- rés disposés en losanges. Ces restes de splendeur annoncent que, sous Louis XIV, cette maison était habitée par quelque conseiller au Parlement, par de riches ecclésiastiques ou par quelque trésorier des Parties Casuelles.
Mais ces vestiges de l’ancien luxe attirent un sourire sur les lèvres par un naïf contraste entre le présent et le passé. Monsieur Jean-Jules Popinot demeurait au premier étage de cette maison où l’obscurité naturelle aux premiers étages des maisons parisiennes était redoublée par l’étroitesse de la rue. Ce vieux logis était connu de tout le douzième Arrondissement, auquel la Providence avait donné ce magistrat comme elle donne une plante bienfaisante pour guérir ou modérer chaque maladie. Voici le croquis de ce personnage que voulait séduire la brillante marquise d’Espard.

Vous l’avez lue en entier, la rue Fouarre ? Est-ce plus ou moins ennuyant de décrire une rue que la justice et ses justiciers ?

Et quelques sentences pour la route :

Sur le rôle de la femme politique

La femme d’un homme politique est une machine à gouvernement, une mécanique à beaux compliments, à révérences ; elle est le premier, le plus fidèle des instruments dont se sert un ambitieux ; enfin c’est un ami qui peut se compromettre sans danger, et que l’on désavoue sans conséquence.

Tiens, tiens, tiens…

Sur le son des cloches

Il faut l’entendre. Qui n’écoute qu’une cloche n’entend qu’un son.

Sur, sur…

Qui prouve trop ne prouve rien.

Et une petite expression désobligeante pour certains pots, mais que j’ai trouvée goûteuse !

bête comme des pots sans anse

Journal des lectures : L’Enfant maudit (Balzac)

Si je le choisis, celui-ci, c’est par affinité géographique (besoin de vent et d’air marin) : il se passe sur la côte Normande du côté de Bayeux.

L’irruption soudaine d’un insecte doré, les reflets du soleil dans l’Océan, les tremblements du vaste et limpide miroir des eaux, un coquillage, une araignée de mer, tout devenait événement et plaisir pour cette âme ingénue.

Ou encore

Il demeura des journées entières accroupi dans le creux d’un roc, indifférent aux intempéries de l’air, immobile, attaché sur le granit, semblable à l’une des mousses qui y croissaient, pleurant bien rarement ; mais perdu dans une seule pensée, immense, infinie comme l’Océan ; et comme l’Océan, cette pensée prenait mille formes, devenait terrible, orageuse, calme.

Ca fait rêver, non ?

Affinités familiales aussi avec cette région, je truste tous les Balzac Normands (bon y’en n’a pas pléthore, 3 ou 4  max. L’Enfant Maudit et La Femme abandonnées du côté de Bayeux, La vieille fille et Le cabinet des Antiques vers Alençon, Modeste Mignon près Le Havre ; bon, ça fait un poil plus que prévu.)

Aller, une petite incursion paysagère dans un coin de bocage, c’est vert, c’est frais, profitez, il fait beau

La maison de maître Beauvouloir était exposée au midi, sur le penchant d’une de ces douces collines qui cerclent les vallées de Normandie ; un bois épais l’enveloppait au nord ; des murs élevés et des haies normandes à fossés profonds, y faisaient une impénétrable enceinte. Le jardin descendait, en pente molle, jusqu’à la rivière qui arrosait les herbages de la vallée, et à laquelle le haut talus d’une double haie formait en cet endroit un quai naturel. Dans cette haie tournait une secrète allée, dessinée par les sinuosités des eaux, et que les saules, les hêtres, les chênes rendaient touffue comme un sentier de forêt. Depuis la maison jusqu’à ce rempart, s’étendaient les masses de la verdure particulière à ce riche pays, belle nappe ombragée par une lisière d’arbres rares, dont les nuances composaient une tapisserie heureusement colorée : là, les teintes argentées d’un pin se détachaient de dessus le vert foncé de quelques aulnes ; ici, devant un groupe de vieux chênes, un svelte peuplier élançait sa palme, toujours agitée ; plus loin, des saules pleureurs penchaient leurs feuilles pâles entre de gros noyers à tête ronde. Cette lisière permettait de descendre, à toute heure, de la maison vers la haie, sans avoir à craindre les rayons du soleil. La façade, devant laquelle se déroulait le ruban jaune d’une terrasse sablée, était ombrée par une galerie de bois autour de laquelle s’entortillaient des plantes grimpantes qui, dans le mois de mai, jetaient leurs fleurs jusqu’aux croisées du premier étage. Sans être vaste, ce jardin semblait immense par la manière dont il était percé ; et ses points de vue, habilement ménagés dans les hauteurs du terrain, se mariaient à ceux de la vallée où l’œil se promenait librement. Selon les instincts de sa pensée, Gabrielle pouvait, ou rentrer dans la solitude d’un étroit espace sans y apercevoir autre chose qu’un épais gazon et le bleu du ciel entre les cimes des arbres, ou planer sur les plus riches perspectives en suivant les nuances des lignes vertes, depuis leurs premiers plans si éclatants, jusqu’aux fonds purs de l’horizon où elles se perdaient, tantôt dans l’océan bleu de l’air, tantôt dans les montagnes de nuages qui y flottaient.

Revenons à la mer, ou à l’océan (c’est tantôt les deux pour Balzac).

Tout est lié.

La mer, c’est des sentiments, des émotions

Déjà plusieurs fois il avait trouvé de mystérieuses correspondances entre ses émotions et les mouvements de l’Océan.

La mer c’est tout comme, et ça va avec, c’est changeant, c’est multiple

Néanmoins Etienne, toujours en proie à ses souvenirs, resta le lendemain jusqu’au soir à sa fenêtre, occupé à regarder la mer ; elle lui offrit des aspects si multipliés, qu’il croyait ne l’avoir jamais vue si belle. Il entremêla ses contemplations de la lecture de Pétrarque, un de ses auteurs favoris, celui dont la poésie allait le plus à son cœur par la constance et l’unité de son amour.

C’est immense comme ceux d’Etienne pour Gabrielle, et réciproquement

ils devaient se rencontrer au bord de la mer qui leur offrait une image de l’immensité de leurs sentiments.

Visiblement pour l’auteur, [addition] mer + sentiment = poésie italienne ::: nature + homme = littérature :::

Pétraque ci-avant, et Tibulle ici

Ils se vantaient leurs beautés l’un à l’autre ingénument, et dépensaient dans ces secrètes idylles des trésors de langage en devinant les plus douces exagérations, les plus violents diminutifs trouvés par la muse antique des Tibulle et redits par la Poésie italienne. C’était sur leurs lèvres et dans leurs cœurs le constant retour des franges liquides de la mer sur le sable fin de la grève, toutes pareilles, toutes dissemblables. Joyeuse, éternelle fidélité !

Mais je note surtout : le constant retour des franges liquides de la mer sur le sable fin de la grève, toutes pareilles, toutes dissemblables.

C’est Knorr ! J’adore !

Mais venons en au fait géographique, à cette running pensée de Balzac : le lieu agit sur l’homme – nous connaissons la secrète influence exercée par les lieux sur les dispositions de l’âme.

Et en entier, voilà ce que cela donne :
Quand nous avons fait quelques pas dans la vie, nous connaissons la secrète influence exercée par les lieux sur les dispositions de l’âme. Pour qui ne s’est-il pas rencontré des instants mauvais où l’on voit je ne sais quels gages d’espérance dans les choses qui nous environnent ? Heureux ou misérable, l’homme prête une physionomie aux moindres objets avec lesquels il vit ; il les écoute et les consulte, tant il est naturellement superstitieux. En ce moment, la comtesse promenait ses regards sur tous les meubles, comme s’ils eussent été des êtres ; elle semblait leur demander secours ou protection ; mais ce luxe sombre lui paraissait inexorable.

Mais, déterminisme, il ne faut pas dépasser sa frontière naturelle, ni s’éloigner de SON lieu, celui de sa plénitude

Aussi, comme un Lapon qui meurt au delà de ses neiges, se fit-il une délicieuse patrie de sa cabane et de ses rochers ; s’il en dépassait la frontière, il éprouvait un malaise indéfinissable.

Ainsi, viendrait du début, des sons & sens qui nous forment

Nous créons les lieux par ce que nos sens nous en transmettent.

Lorsque sa jeune oreille s’efforça de percevoir les sons et de reconnaître leurs différences, il entendit le bruissement monotone des eaux de la mer qui venait se briser sur les rochers par un mouvement aussi régulier que celui d’un balancier d’horloge. Ainsi les lieux, les sons, les choses, tout ce qui frappe les sens, prépare l’entendement et forme le caractère, le rendit enclin à la mélancolie.

D’ac ou pas d’ac, à voir.

Et pour finir, la citation touristique, un brin moqueuse peut-être,

La chambre était une de celles que, de nos jours encore, quelques concierges octogénaires annoncent aux voyageurs qui visitent les vieux châteaux en leur disant : — Voici la chambre de parade où Louis XIII a couché.

Journal des lectures : L’Illustre Gaudissart (Balzac)

Une autre image de Balzac, cet Illustre Gaudissart, un Balzac ouvertement Rabelaisin et pochard.

Il l’est aussi dans ses romans sérieux,

mais par moments noyés dans le dramatique de l’histoire

(disons Le Père Goriot ou Le Lys dans la vallée),

ce n’est pas ce qu’il en reste au lecteur.

Il semble d’ailleurs que la convoitée Duchesse de Castries n’aie que peu apprécié de se voir dédicacer cette histoire drôlatique

Que Balzac aurait écrit en 1 nuit (dit-il à Mme Hanska),

mais peut/doit-on le croire, ce fantaisiste de la correspondance ?

L’Illustre Gaudissart, je le lis, le relis, le cite ou l’évoque. Ça finit bien contrairement à beaucoup d’histoires (surtout les plus connues) de Balzac.

Ce roman commence comme une physiologie, ce genre apprécié de Balzac et à la mode à l’époque, du commis voyageur. Car Gaudissart est un commis réputé à Paris pour être capable de vendre tout et n’importe quoi à n’importe qui ; il vient donc à Vouvray vendre des idées (des abonnements) aux Vouvrillons (les habitants de Vouvray). Lire la suite

Journal des lectures : Un début dans la vie (Balzac)

Ca faisait quelques temps que je lui sentais du potentiel, à ce roman. J’y connaissais les jeux de mots / proverbes détournés de Mistigris ;

sa réputation l’avait précédé sur ma lecture.

Plus on est debout, plus on crie

ou

On est jamais trahi que par les chiens.

ou

qui veut noyer son chien l’accuse de la nage!

ou

Les bons comtes font les bons tamis

ou

— Enfin un de ces gaillards qui n’attachent pas leurs chiens avec des Cent-Suisses… dit Mistigris.

et le moins fins d’entre tous

Les voyages déforment la jeunesse

Pour ceux que j’ai compris et identifiés

(parce qu’il y en a plein qui me sont restés hermétiques)

Un début dans la vie : une histoire en train (en coucou plutôt), une histoire sur la route, entre Paris et Presles. Une histoire où chacun se donne un rôle Lire la suite