Journal des lectures : La Physiologie du mariage (Balzac)

Celui-là, je ne peux pas dire que je l’ai lu in-extenso

Ni aucun autre de Balzac

Ni aucun autre d’aucun autre

Auteur

(on / du moins je / saute toujours quelques lignes lors d’une lecture).

mais je l’ai bien parcouru. L’un des rares textes de Balzac intégrés à la Comédie humaine qui ne soit pas à proprement parler une histoire -> ce sont des méditations, on peut donc picorer & papillonner (métaphore littéraro-zoologique ou l’inverse).

J’y picore les aphorismes, faciles à repérer par leur mise en page plus aérée et par le fait qu’ils sont annoncés comme tels :

APHORISMES

I.

Une femme honnête est essentiellement mariée.

II.

Une femme honnête a moins de quarante ans.

III.

Une femme mariée dont les faveurs sont payables n’est pas une femme honnête.

IV.

Une femme mariée qui a une voiture à elle est une femme honnête.

V.

Une femme qui fait la cuisine dans son ménage n’est pas une femme honnête.

VI.

Quand un homme a gagné vingt mille livres de rente, sa femme est une femme honnête, quel que soit le genre de commerce auquel il a dû sa fortune.

IX

Une femme logée au troisième étage (les rues de Rivoli et Castiglione exceptées) n’est pas une femme honnête.

XIII.

La femme d’un artiste est toujours une femme honnête.

——————————–

En appliquant ces principes, un homme du département de l’Ardèche peut résoudre toutes les difficultés qui se présenteront dans cette matière.

Ce qui est bien avec cette physiologie, c’est qu’elle fait toujours son effet en visite : par exemple on demande à une femme blonde de lire l’extrait suivant

En précisant à la 12aine de visiteurs présents que cela n’en sera que plus drôle

C’est surtout au lit que les vapeurs jouent leur rôle. Là, quand une femme n’a pas la migraine, elle a ses vapeurs ; quand elle n’a ni vapeurs ni migraine, elle est sous la protection de la ceinture de Vénus, qui, vous le savez, est un mythe.

Parmi les femmes qui vous livrent la bataille des vapeurs, il en existe quelques-unes plus blondes, plus délicates, plus sensibles que les autres, qui ont le don des larmes. Elles savent admirablement pleurer. Elles pleurent quand elles veulent, comme elles veulent, et autant qu’elles veulent. Elles organisent un système offensif qui consiste dans une résignation sublime, et remportent des victoires d’autant plus éclatantes qu’elles restent en bonne santé.

Bon, Balzac aide bien, le texte se suffit à lui même pour que ces dames fassent des « ha » des « ho » (cf Mylène Farmer) sans que l’on soit obligé de faire un effet d’annonce comme précédemment. Fut un temps où nous présentions en vitrine cet extrait :

Jusqu’à l’âge de trente ans, le visage d’une femme est un livre écrit en langue étrangère, et que l’on peut encore traduire, malgré les difficultés de tous les gunaïsmes de l’idiome ; mais, passé quarante ans, une femme devient un grimoire indéchiffrable, et si quelqu’un peut deviner une vieille femme, c’est une autre vieille femme.

En espérant que personne ne demande la définition de gunaïsme, parce que c’est à moitié un vieillologisme et parce que je n’arrive pas à retenir une définition simple.

Donc,

Certes,

C’est un peu misogyne / osé / trash /

CATECHISME CONJUGAL.

XXVII.

Le mariage est une science.

XXVIII.

Un homme ne peut pas se marier sans avoir étudié l’anatomie et disséqué une femme au moins.

XXXI.

En amour, toute âme mise à part, la femme est comme une lyre qui ne livre ses secrets qu’à celui qui en sait bien jouer.

XLIV.

Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, l’irriter, le satisfaire, c’est un poème tout entier.

XLIX.

Il est plus facile d’être amant que mari, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.

LI.

L’homme qui entre dans le cabinet de toilette de sa femme est philosophe ou un imbécile.

LIII.

La femme mariée est un esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône.

Mais aussi parfois poétique / souvent drôle /

et pas toujours faux

(hé je déconne, les chiennes de garde, rengainez les colts,

je retire les mots précédents).

Ce texte, Balzac l’écrit au tout début de sa carrière, il est encore grandement peu connu ;

ce texte, d’ailleurs, contribue à le faire connaître par le scandale qu’il provoque

(on est là entre Les Chouans et La Peau de chagrin) ;

mais Balzac annonce que ce n’est pas pour les femmes, ce livre, et que de toutes façons il n’y connaît rien aux femmes, il est trop jeune ; à peine Mme de Berny et une ou 2 autres ne font pas assez pour généraliser l’étude.

La femme qui, sur le titre de ce livre, serait tentée de l’ouvrir, peut s’en dispenser, elle l’a déjà lu sans le savoir. Un homme, quelque malicieux qu’il puisse être, ne dira jamais des femmes autant de bien ni autant de mal qu’elles en pensent elles-mêmes. Si, malgré cet avis, une femme persistait à lire l’ouvrage, la délicatesse devra lui imposer la loi de ne pas médire de l’auteur, du moment où, se privant des approbations qui flattent le plus les artistes, il a en quelque sorte gravé sur le frontispice de son livre la prudente inscription mise sur la porte de quelques établissements : Les dames n’entrent pas ici.

Donc : acte, mesdames.

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