Journal des lectures : Un début dans la vie (Balzac)

Ca faisait quelques temps que je lui sentais du potentiel, à ce roman. J’y connaissais les jeux de mots / proverbes détournés de Mistigris ;

sa réputation l’avait précédé sur ma lecture.

Plus on est debout, plus on crie

ou

On est jamais trahi que par les chiens.

ou

qui veut noyer son chien l’accuse de la nage!

ou

Les bons comtes font les bons tamis

ou

— Enfin un de ces gaillards qui n’attachent pas leurs chiens avec des Cent-Suisses… dit Mistigris.

et le moins fins d’entre tous

Les voyages déforment la jeunesse

Pour ceux que j’ai compris et identifiés

(parce qu’il y en a plein qui me sont restés hermétiques)

Un début dans la vie : une histoire en train (en coucou plutôt), une histoire sur la route, entre Paris et Presles. Une histoire où chacun se donne un rôle Lire la suite

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Du saut des lieux

D’où j’écris

Dont je parle…

Une collègue me montre ce que fait un de nos petits plaisantins de clients : il cache les tirés à part de revues qui l’intéressent derrière les livres de droit aérien qui sont déjà bien rangé en hauteur (c’est spécifique et relativement peu demandé le droit aérien). Bon moi aussi j’ai fait ça à la bibliothèque universitaire, mais là on en a pléthore de TAP. Espiègle, la collègue me dit qu’elle les a déplacés à l’étage au-dessous (étage du droit maritime, guère moins spécifique !)…

Comme l’automne revient lentement [les arbres centenaires bruissent de plus en plus] deux visiteurs, peut-être belges, se meuvent discrètement au milieu des œuvres de Geneviève Besse. Du rouge, du bleu, de l’orange. Une porte claque et résonne de pièce en pièce. Avec septembre reviennent les retraités, principal fond de commerce de la maison hors saison, intéressés et souvent sympathiques. J’ai écrit un certain nombre de choses (égrenées ça et là ou pas) sur Balzac à Saché. Comme Jeanne me propose ce premier vendredi, je me souviens que j’ai aussi été libraire, un peu ; je ressors donc le carnet de souvenirs de ces années-là. J’y relève :

Il y a ceux qu’on appelle les vendredisiens. Ce sont les gens qui traînent le vendredi ; ils sont souvent un minimum bizarre, ils veulent causer, ils cherchent des livres introuvables, proposent des manuscrits (puisque la boutique fait aussi édition de droit international public), veulent faire expertiser leurs vieux Larousse.…

Je regrette de n’avoir pas tenté d’épuiser cette petite librairie du quartier latin comme j’épuise Saché aujourd’hui. Toujours un grincement de porte dans le bâtiment, des bruits de pas à l’étage, des escaliers qui couinent. Parfois une biche à l’orée des « arbres centenaires », parfois un écureuil dans la clim, parfois un essaim d’abeilles dans une cheminée. Quatre jeunes gens font des photos dans le parc ; l’horloge du vestibule tinte 11 heures. Je reprends le carnet à souvenirs :

C’est une librairie particulière, qui a de la gueule, ambiance fin XIXè, boiseries, fer forgé, poussière de plusieurs décennies. Les clients sont surtout versés dans les Relations Internationales : étudiants, haut-fonctionnaires, ministres, dictateurs au placard (une fois un ancien dictateur africain a demandé une doc de DIP pour voir comment récupérer le pouvoir dans son pays), spécialistes de la géopolitique à la TV… mais aussi des passants attiré par notre regard sur le monde.…

Aujourd’hui, je conseille et vends du Balzac : « Oui madame, une centaine de titres parmi lesquels vous trouverez bien quelque chose à votre goût. Par exemple si vous aimez la Bretagne, Liszt ou Georges Sand essayez Béatrix, si vous préférez le fantastique il y a la Peau de chagrin, pour l’alchimie c’est La Recherche de l’absolu, un truc léger et marrant : L’Illustre Gaudissart. Que sais-je encore… Le Chef-d’œuvre inconnu est une sorte de traité d’art qui se passe à la Renaissance. Ou si vous vous intéressez à la philosophie logique, Louis Lambert devrait vous plaire. Vous préférez peut-être quelque chose de plus policier ? je vous conseille Une Ténébreuse affaire. Vous voyez, il y a le choix.

Disons Jean Amadou qui entre ; avec la secrétaire nous chuchotons ; la chef forcément tout sourire que donne la notoriété l’aborde avec bagout.…

Disons Jean Daniel qui vient de visiter et qui promet (et tient promesse) un édito sur Zweig et Balzac.

« Tu peux fermer le rideau et après, vas-y, je finirai de fermer et de tout éteindre. » …

18h00. Clefs dans serrures. « Dis, tu sonnes la cloche et on remballe tout. »

Ce texte est repris du vase communicant de septembre 2009 avec Jeanne

Journal des lectures : Séraphîta (H. de Balzac)

Séraphîtus, Séraphîta

un homme / une femme,

ça dépend

Si c’est Minna qui regarde

c’est un homme raffiné, Séraphîtus, qui lui apparaît

Si c’est Wilfrid qui regarde

c’est une jolie jeune femme, c’est Séraphîta.

L’histoire est curieuse, surprenante parfois

classée dans les Etudes philosophiques

qui sont bien souvent des études fantastiques ;

et se déroule dans un lieu peu Balzacien : La Norvège

pays qu’il frôla lors d’un voyage

en bateau vers Saint-Pétersbourg

Une histoire curieuse, dans laquelle on ne se perd pas dans le nombre des personnages

il y en a 4

ou 5 en comptant le dédoublement du héros-titre.

Mais l’histoire est entrecoupée, voir alourdie si le thème ne nous intéresse pas, par 3 exposés :

1 géographique :

10 pages de description de la Norvège

(perso j’ai aimé)

1 philosophique

30 pages de bio de Swedenborg

(Si on s’y intéresse… Moi j’ai sauté)

et 1 théologique

30 pages de dissertation

notamment sur le thème : Dieu préexiste-t’il à la matière ?

(J’ai sauté en grande partie, désolé)

170 (nombre total de pages) – 10 – 30 – 30 = la réputation pas toujours usurpée de Balzac

Une clef : les Séraphins, les anges, on comprend à la fin.

Sur fond de fonte des glaciers, au printemps boréal.

La semaine prochaine, on annonce

le retour de la chaleur, c’est peut-être

le moment de lire ce livre.

C’est bien chié (visites chez Flaubert, Proust & Rabelais)

chez Flaubertchez Proustchez Rabelais

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Le Croisset.

La maison de Tante Léonie,

C’est bien chié

‘tain le vent glacial qui remonte la Seine

qu’ils ont appelé ça. La Léonie du roman qui en réalité se nommait tante Elisabeth.

Autant
à Rouen, chez Flaubert, le vent était vivifiant

On y arrive au pas de course, la grande descente de Canteleu vers le fleuve. Resto Le Flaubert, bar Le Flaubert, Quai Flaubert … signes qu’on approche.

PROUST.
Pas trop lu.
Juste commencé La Recherche le temps de goûter le passage de la Madeleine.

autant
sur la pente de Seuilly, avec la vue sur le château du Coudray
et la lecture

½ heure pour voir. Lire la suite