Pièces / Pezzi (4)

Gratte.Gratte.Gratte. Ils aiment essayer de toucher le papier peint pour voir si c’en est du vrai, papier peint. « Non Madame » (parce que souvent c’est une dame d’un certain âge qui tente une approche dudit papier ; les plus jeunes, étrangement, ça les intéresse nettement moins ce papier en tentures en trompe-l’œil) « Non Madame, il ne faut pas toucher » glisse aimablement mais fermement la surveillante des salles. Souvent la dame (celle d’un certain âge) répond « c’était juste pour voir » et la surveillante se retient de répondre « voyez sans les mains, Madame » tout en déplaçant un plot qui retend la ficelle délimitant l’espace autorisé aux visiteurs.

(Le grand salon)

Publicités

Pièces / Pezzi (3)

Ils passent, s’arrêtent. Ils se penchent, limite en ajustant leurs lunettes, pour regarder dans le tambour, dans le ventre de la donneuse de temps. « Elle marche ? » ou « elle marche ! » tout est dans la ponctuation, c’est selon qu’ils prennent le temps d’observer, de regarder par la vitre-lentille, où il balance, car oui, il balance le balancier ; c’est selon le temps qu’ils prennent d’écouter, car oui, il tique-taque encore le mécanisme. Puis ils se tournent à 45° sur la gauche, toujours courbés & lunettes ajustées, ajustées cette fois-ci sur le cartel d’explications : Horloge de parquet, Fin XVIIIème siècle, en noyer. Et sonne l’heure des 15h, trois coups de marteau qui résonnent sur une pièce métallique.

(vestibule)

Pièces / Pezzi (2)

Surpris, ils sont. Surpris par le papier peint, par le vert flashy du papier peint. Un papier modèle 1820′ avec sa scène néo-classique (un banquet et des personnages visiblement grecs) et ses marbrures. Surpris, il sont, « Ah c’est un beau vert ! ». Vrai que c’est un beau vert, lumineux & sucré. Puis éblouis, ils sont, par la ménagère en vermeil : « de l’argent recouvert d’or » précise le guide ; alors souvent, l’un d’entre eux acquiesce en lâchant à voix basse « C’est chic ! »

(La salle à manger)

Pièces / Pezzi (1)

Escalierdroit2Ils tournent la poignée de la porte à bossage, la porte XVIIè siècle, celle dite Louis XIII, celle principale, ouvrant sur l’ouest les nuages de mer et le temps des heures à venir. Ils la tournent cette poignée, ils luttent avec la poignée, abandonnent parfois, persévèrent souvent jusqu’à ce que les gonds tournent sur eux-même pour laisser entrevoir l’escalier. Entrevoir d’abord, parce que le contraste entre l’extérieur lumineux et l’intérieur plus sombre oblige leurs yeux à un instant d’adaptation ; puis se précise donc ce grand escalier, celui dit droit, celui qui donne accès au musée, celui qui donne accès à Balzac à Saché.

(Le grand escalier)