Textes pour photographies absentes

A.10. Ce n’est ni l’Autoroute du Sud, ni l’Autoroute du Soleil, ni l’Autoroute des estuaires. C’est laconiquement l’A.10. Elle doit bien avoir un nom qualificatif que j’ignore. Pour moi elle va de Paris à Tours. Puis, quelques jours plus tard, de Tours à Paris.

 •••

C’est un soir, je me retrouve sur la grève. Je ne me souviens pas vraiment de l’époque. Il ne faisait ni chaud, ni froid, on devait être à mi-saison. Pas de touristes, juste le silence du bruit des vagues et des galets qui s’entrechoquent.

 •••

Extérieur nuit, il neige. Une vue d’ensemble, la rue est blanche et déserte. Photographe solitaire, je choisis une partie, je cadre. Je zoom, recadre et prends une seconde photo.

 •••

Fin de soirée, début de nuit, une heure où on va se coucher. Dans le port de Corfou, je me morfonds. De temps à autre, quelqu’un vient voir s’il aperçoit le ferry arriver. Pour l’instant, je ne fait rien, fatigué, j’attend le bateau de nuit

pour Brindisi.

 •••

Gare de l’Est, Paris. Le speaker annonce l’arrivée du train en provenance de Budapest. Je suis au bout du quai, au niveau du premier wagon. Les voyageurs descendent. Flux et reflux, je me laisse envelopper par cette foule insolite. Je prends trois photos de ces passants. Ça doit être joli la Hongrie.

  •••

La Poste est encore au village. Rarement de queue, le postier est aussi le maire et n’a que la rue à traverser pour passer d’une fonction à l’autre.

  •••

Nocturnes. Un jour on passe par là. Qu’en est-il du Monde ? Des gens et des murs autour…

 •••

« Sortie de véhicules,  ne pas stationner merci ». La rouille envahit la ville. Dans une petite rue d’une petite ville de province, un coup d’œil sur la droite, l’instant saisi.

 ••• 

Sur une route de campagne on va. Reliant deux lieux. On traverse un village et là, la voiture EDF-GDF prit à gauche.

 •••

Une balafre dans le paysage. Une traînée coupe en deux la forêt, les terres ocres sont mises à nu par les ouvriers. L’A.85 est en construction dans la région de Saint-Julien de Chédon.

 •••

Direction Vierzonun jour on prend le train. Dans l’attente, on se tourne et se retourne, et on se dit : tiens pourquoi pas ça. Alors on fait passer l’anodin au rang de photographie. Ainsi on en révèle l’existence. « Direction Vierzon » et l’ombre circulaire prennent une épaisseur historique.

 •••

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s