Journal des lectures : Massimilla Doni (H. de Balzac)

Pof, je coche dans ma liste de la CH :

Massimilla Doni

des Etudes philosophiques,

roman musical

souvent associé à

Gambara, Sarrasine – autres romans musicaux

ou Le Chef d’œuvre inconnu – roman pictural

Petite envie d’une balade à Venise

dans

un des quelques (rares) romans étrangers de Balzac.

Le golfe brillant que dessinent les églises de Saint-Georges et de Saint-Paul au bout de la Giudecca, et le commencement du canal Grande, si glorieusement ouvert par la dogana, et par l’église dédiée à la Maria della Salute, ce magnifique golfe était paisible. La lune éclairait les vaisseaux devant la rive des Esclavons. L’eau de Venise, qui ne subit aucune des agitations de la mer, semblait vivante, tant ses millions de paillettes frissonnaient. Jamais chanteur ne se trouva sur un plus magnifique théâtre. Genovese prit le ciel et la mer à témoin par un mouvement d’emphase ; puis, sans autre accompagnement que le murmure de la mer, il chanta l’air d’ombra adorata, le chef-d’oeuvre de Crescentini. Ce chant, qui s’éleva entre les fameuses statues de saint Théodore et saint Georges, au sein de Venise déserte, éclairée par la lune, les paroles si bien en harmonie avec ce théâtre, et la mélancolique expression de Genovese, tout subjugua les Italiens et le Français. Aux premiers mots, Vendramin eut le visage couvert de grosses larmes. Capraja fut immobile comme une des statues du palais ducal. Cataneo parut ressentir une émotion.

Une ambiance d’opéra qui rappelle assez Consuelo de George Sand, roman vénitien (du moins au début), d’amour et de tromperies.

(vérifier celui de Sand ou de Balzac qui a écrit en premier son roman)

Pareil ici

Massimilla aime Emilio

qui aime Massimilla

Emilio qui en pince aussi pour l’affriolante cantatrice, la Tinta.

Amours, gloire et beautés

L’amour, vois-tu, sera toujours l’amour. Il est partout semblable à lui-même, il est comme le soleil de nos âmes, on se chauffe partout où il brille, et nous sommes ici en plein midi. Si, demain, tu n’es pas content, tue-moi ! Mais je vivrai, va ! car je suis furieusement belle.

dit la Tinta

Ca commence bien, Venise et l’amour,

puis mou du genou

blabla à l’opéra

critique du Moïse de Rossini qu’apprécieront les initiés

(le roman n’est presque qu’un prétexte, une mayonnaise pour envelopper ladite critique),

puis je ne sais pas si j’ai bien compris la fin.

De la musique

— Dans la langue musicale, répondit la duchesse, peindre, c’est réveiller par des sons certains souvenirs dans notre coeur, ou certaines images dans notre intelligence, et ces souvenirs, ces images ont leur couleur, elles sont tristes ou gaies. Vous nous faites une querelle de mots, voilà tout. Selon Capraja, chaque instrument a sa mission, et s’adresse à certaines idées comme chaque couleur répond en nous à certains sentiments. En contemplant des arabesques d’or sur un fond bleu, avez-vous les mêmes pensées qu’excitent en vous des arabesques rouges sur un fond noir ou vert ? Dans l’une comme dans l’autre peinture, il n’y a point de figures, point de sentiments exprimés, c’est l’art pur, et néanmoins nulle âme ne restera froide en les regardant.

De la politique

Ainsi va la vie italienne : le matin l’amour, le soir la musique, la nuit le sommeil. Combien cette existence est préférable à celle des pays où chacun emploie ses poumons et ses forces à politiquer, sans plus pouvoir changer à soi seul la marche des choses qu’un grain de sable ne peut faire la poussière. La liberté, dans ces singuliers pays, consiste à disputailler sur la chose publique, à se garder soi-même, se dissiper en mille occupations patriotiques plus sottes les unes que les autres, en ce qu’elles dérogent au noble et saint égoïsme qui engendre toutes les grandes choses humaines.

Des mathématiques

visiblement, il aime pas trop les maths, le Balzac

— Il obéit à une loi secrète dont la démonstration mathématique sera peut-être donnée par un de vos chimistes, et que le siècle suivant trouvera dans une formule pleine d’X, d’A et de B entremêlés de petites fantaisies algébriques, de barres, de signes et de lignes qui me donnent la colique, en ce que les plus belles inventions de la Mathématique n’ajoutent pas grand’chose à la somme de nos jouissances.

De l’art et de la passion (souvent c’est lié)

Quand un artiste a le malheur d’être plein de la passion qu’il veut exprimer, il ne saurait la peindre, car il est la chose même au lieu d’en être l’image. L’art procède du cerveau et non du cœur. Quand votre sujet vous domine, vous en êtes l’esclave et non le maître. Vous êtes comme un roi assiégé par son peuple. Sentir trop vivement au moment où il s’agit d’exécuter, c’est l’insurrection des sens contre la faculté !

Et l’auteur dans son texte

Le prince frissonna de peur et de plaisir, car il aimait Massimilla, comme vous savez.

Je rajoute :

Balzac, régulièrement, prend du recul sur son texte ;

il fait, par petites touches de prose, entrer le romancier

(et le lecteur) dans son texte.

Ce qu’il faisait souvent dans ses œuvres de jeunesse,

celles sous pseudonymes.

Une réflexion sur “Journal des lectures : Massimilla Doni (H. de Balzac)

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