Physiologie du touriste à la plage – par Camille M.

Cet été pour mes vacances je suis allée 15 jours à la mer : quelle veine,  pour la peine,  j’ai eu droit à ma dose de touristes gratinés et hauts en couleurs. J’ai emmené le livre  Trois jours chez ma mère de François Weyergans. Ca m’a inspiré, j’ai eu envie d’écrire sur les différents types de touristes observés à la plage. C’était des vacances plutôt intéressantes au final.

Au bord de l’eau la communication orale s’établit, grands et petits, petits et grands s’apprivoisent :
« Alors elle est bonne ? »
la grande question

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1- Scène de plage

Sur une toute petite plage de galets dans un joli village du sud, une maman débarque aux aurores, vers 9h30, avec ses deux mouflets. Elle s’installe. Il y a déjà quelques touristes et les places sont chères juste au bord de l’eau, car le mieux pour tout le monde c’est de se coller le plus près possible de la mer, c’est une tradition locale. Revenons à notre mère de famille : elle décide de se poser juste à côté d’une vieille blonde célibataire. Elle installe une immense serviette, « jamais vu ça » XXL, une couverture ! La blonde réagit, elle rouspète, elle trouve que la dame et ses enfants se sont mis un peu trop près d’elle. Elle se lève et déménage en bougonnant, elle s’exile à quelques pas de là, là où son espace vital ne sera pas menacé. Quant à la mère de famille, elle n’est pas mécontente d’avoir viré cette mégère. Elle a gagné du terrain, c’est ça « la conquête de l’espace » à la plage, pire que la guerre du Golfe ! Ses amis arrivent, ils sont ravis, ils vont pouvoir se mettre à côté d’elle.

« Elle est à combien ce matin ? »

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2- Les bidochons à la plage

Une famille : les parents et leurs deux garçons ados. Ils sont tous un peu enrobés. Chacun a son parasol protection anti cancer de la peau, planté bien droit dans le sable, sauf les jours de grand vent. Ils sont là le matin et l’après-midi, placés chaque jour au même endroit, tout près de l’eau, aux premières loges (dommage pour ceux qui sont derrière, car ils ne vont pas voir grand-chose … à cause des parasols). Ils ont une énorme bouée, comme un gros pneu qui amuse autant les parents (soit ils sont restés jeunes dans leur tête, soit le soleil leur a tapé sur le ciboulot) que les jeunes. Dernier détail : la mère à forte poitrine fait du seins nus, c’est le dernier chic.

« Oh la la, il y a des vagues aujourd’hui »

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3- Jeux de regards à la plage

Que fait-on à la plage ? A part glander beaucoup, se baigner un peu, papoter, dormir, lire mais pas trop ça risque de donner mal à la tête, se faire griller sur les deux faces (ne pas oublier de retourner la crêpe de temps en temps), se tartiner de crème solaire pour éviter d’être rouge comme une écrevisse, à part tout ça, ça mate beaucoup :

Les vieux reluquent avidement les seins appétissants des petites jeunes.

Les parents bienveillants surveillent leurs rejetons jouant et barbotant au bord de l’eau.

Les ados accrochés à leur  iphone/Pod, matent la donzelle tout en envoyant des SMS.

Les célibataires matent tout ce qui bouge.

Les corps s’offrent aux regards, il n’y a plus grand-chose à dévoiler. La pudeur n’est pas de mise, vive l’exhibitionnisme. La marchandise est déballée : appétissante, repoussante, le choix est vaste. On ne sait plus où donner de la tête, où donner des yeux : corps musclés, tatoués, bronzés, blancs, rouges, bedonnants, petits seins, gros seins, dévoilés ou pas.

Outil indispensable : les lunettes de soleil. Elles permettent de regarder sans être vu : pas vu pas pris. On peut aussi se cacher derrière un livre, un journal, chacun sa planque pour observer l’autre. Le corps s’affiche et s’expose. Il y en a même qui restent debout mains sur les hanches, pour qu’on les admire (« regardez un peu ma belle bedaine »). Pas de honte à avoir, on ose, tout est permis, no limit, ou presque, on garde le bas tout  de même, on n’est pas chez les nudistes !

« Tu vois des poissons avec ton masque ? »

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4- Les dingos sont lâchés à la plage

On rencontre parfois d’étranges personnes, en général elles sont plutôt inoffensives, mais méfions-nous quand même de l’eau qui dore.

Chaque matin, arrivée sur la plage vers 10h et là juste à l’entrée à gauche, un vieux dingo pour t’accueillir en fanfare, joue de la flûte en maillot de bain face à la mer. Il a l’air très inspiré. Il me fait penser à un charmeur de serpents, mais où est passé le cobra ? Je crois qu’il l’a avalé, il a un petit air de ressemblance.

Lors de notre première visite à la plage nous avons été attirés par un drôle d’énergumène : un rasta qui plongeait la tête dans le sable comme une autruche, la relevait et replongeait, etc. Il était en pleine méditation, à côté de lui un sac en plastique plein de pain mouillé. Yo man, arrête de fumer la mariejeanne, ça brûle les neurones et après t’as plus ta tête, j’te  jure.

Autre animal bizarroïde : un vieux tout seul, tout blanc, avec son sac bleu de piscine. Il s’enduisait de crème pendant une heure, un vrai cérémonial. Après ? Ben il allait piquer une tête dans l’eau à 22°. What a man !

« Alors les poissons avec une tache noire sur la queue, on les appelle des sarres, et les poissons tigrés on les appelle des marbrés. »

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De Camille M., on peut aussi lire : Le roman de la vie de Balzac à Saché : Monsieur (de) Balzac et ses hôtes de Saché, les (de) Margonne

Une réflexion sur “Physiologie du touriste à la plage – par Camille M.

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