Tout est (presque) vrai
mais
rien n’est (tout à fait) exact
Le papier est marron. Œuvre de l’époque ou œuvre du temps ? Sur ce papier, un peu rongé sur certains côtés, 3 tâches trop régulières pour avoir été faites par des doigts (mais imaginons, séquence émotion, que ce soit ceux de Balzac tenant trop longtemps le papier et le travail de l’acidité de la transpiration de Balzac ::: fane clube « ouahhhh !!!!! c’est la transpiration de Balzac » / sûr ça fait rêver) ; 3 tâches peut-être dues au conservateur ou à un propriétaire peu scrupuleux ; ou alors …. Sur ce papier un texte imprimé – Variétés. La Chine et les chinois placé en en-tête. Impression pas propre. Impression pas droite. Le pavé de texte est dans les proportions de la tour de Pise ; chapeau compris ; et penche du même côté droit. La feuille est grande, quelques 25x40cm, la Torre pendante typographiées est confinée dans la moitié gauche, large marge dans la partie, donc, droite.
Les épreuves corrigées (puisque c’en est une, là sous mes yeux) de Balzac sont bien connues, sont une part de sa célébrité ; les épreuves corrigées de Balzac sont belles & impressionnantes d’entrelacs de textes & de renvois, de notes & ratures.
La partie droite, c’est là que les choses sérieuses commencent.
Milieu haut : I
En diagonale, barrant le coin haut-droit : l’injonction de Bz : « donnez moi une autre épreuve double » et signature avec le fameux z tombant.
Descente en rappel (toujours avec Bz, plus prudent) de la partie droite, celle des corrections : une ligne brisée comme une mouette dessinée sur l’horizon.
Signes du langage typographique dont la signification est : ajoutez ça ici / retranchez ça là / … Et des blocs de textes manuscrits qui viennent compléter la typographie initiale ; des blocs de textes emplûmés (d’oie) qui s’imbriquent visuellement & textuellement comme si c’était un puzzle.
Parce qu’un manuscrit de Balzac n’est pas une tour de Pise ;
Parce qu’un manuscrit de Balzac est un puzzle.
(photo du manuscrit La Chine et les chinois, Musée Balzac)
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Rembobine la suite paysagère précédente, de 16h12 à 16h35 ou de 17h37 à 18h (donc de nuit).
LE TRAIN DES JOURS DE GILLES ORTLIEB.
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Ce texte est issu d’un vase communicant déposé là à l’époque.
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Pas à pas,
lents,
j’avance sur la
courbure
de
la
Terre
17/12/2012
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âme fervente
âme parente
Oublie
oublie moi
oublie moi pour
oublie moi pour toujours
oublie moi pour
oublie moi
Oublie
de m’oublier
A.10. Ce n’est ni l’Autoroute du Sud, ni l’Autoroute du Soleil, ni l’Autoroute des estuaires. C’est laconiquement l’A.10. Elle doit bien avoir un nom qualificatif que j’ignore. Pour moi elle va de Paris à Tours. Puis, quelques jours plus tard, de Tours à Paris.
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C’est un soir, je me retrouve sur la grève. Je ne me souviens pas vraiment de l’époque. Il ne faisait ni chaud, ni froid, on devait être à mi-saison. Pas de touristes, juste le silence du bruit des vagues et des galets qui s’entrechoquent.
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Extérieur nuit, il neige. Une vue d’ensemble, la rue est blanche et déserte. Photographe solitaire, je choisis une partie, je cadre. Je zoom, recadre et prends une seconde photo.
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Fin de soirée, début de nuit, une heure où on va se coucher. Dans le port de Corfou, je me morfonds. De temps à autre, quelqu’un vient voir s’il aperçoit le ferry arriver. Pour l’instant, je ne fait rien, fatigué, j’attend le bateau de nuit
pour Brindisi.
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Gare de l’Est, Paris. Le speaker annonce l’arrivée du train en provenance de Budapest. Je suis au bout du quai, au niveau du premier wagon. Les voyageurs descendent. Flux et reflux, je me laisse envelopper par cette foule insolite. Je prends trois photos de ces passants. Ça doit être joli la Hongrie.
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La Poste est encore au village. Rarement de queue, le postier est aussi le maire et n’a que la rue à traverser pour passer d’une fonction à l’autre.
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Nocturnes. Un jour on passe par là. Qu’en est-il du Monde ? Des gens et des murs autour…
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« Sortie de véhicules, ne pas stationner merci ». La rouille envahit la ville. Dans une petite rue d’une petite ville de province, un coup d’œil sur la droite, l’instant saisi.
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Sur une route de campagne on va. Reliant deux lieux. On traverse un village et là, la voiture EDF-GDF prit à gauche.
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Une balafre dans le paysage. Une traînée coupe en deux la forêt, les terres ocres sont mises à nu par les ouvriers. L’A.85 est en construction dans la région de Saint-Julien de Chédon.
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Direction Vierzon – un jour on prend le train. Dans l’attente, on se tourne et se retourne, et on se dit : tiens pourquoi pas ça. Alors on fait passer l’anodin au rang de photographie. Ainsi on en révèle l’existence. « Direction Vierzon » et l’ombre circulaire prennent une épaisseur historique.
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